Choisir l’alternance en école d’ingénieurs, c’est s’engager dans un parcours exigeant, au croisement entre théorie et immersion en entreprise. Mais concrètement, qu’est-ce que cela change dans la manière d’apprendre et de se construire en tant que futur ingénieur ?
À travers son témoignage, Salim Seif El Dine, apprenti en Génie Mécanique à l’INSA Strasbourg et à l’ITII Alsace, partage son expérience entre école et entreprise, les compétences qu’il développe et les défis qu’il rencontre.
Si tu devais décrire ton expérience en un mot, lequel choisirais-tu ?
EVOLUTION. Au-delà des compétences techniques, cette expérience m’a surtout fait évoluer sur le plan personnel : apprendre à m’adapter, à travailler avec différents interlocuteurs, à gagner en confiance et à prendre progressivement des responsabilités.
C’est un parcours qui ne se limite pas à apprendre un métier, mais qui permet aussi de se construire en tant que futur professionnel.

Pourquoi avoir choisi l’alternance pour tes études d’ingénieur ?
J’ai choisi l’alternance pour éviter une formation uniquement théorique. L’idée était de confronter rapidement les connaissances théoriques à des cas réels, avec leurs contraintes.
Mon quotidien est structuré par cette alternance : des périodes en école, centrées sur l’acquisition de concepts et de méthodes, et des périodes en entreprise, orientées vers leur mise en œuvre.
Cela demande une certaine capacité d’adaptation, notamment pour gérer des temporalités et des attentes différentes entre les deux environnements.
Qu’est-ce que ta formation en Génie mécanique t’apporte concrètement en entreprise ?
La formation à l’ITII Alsace m’apporte avant tout une base structurée pour aborder les problématiques techniques. Elle me permet de mobiliser des outils d’analyse et de modélisation, ainsi qu’une méthodologie rigoureuse de résolution de problèmes tout en prenant du recul sur les situations.
Au-delà du technique, elle développe aussi des compétences humaines essentielles comme la communication, la collaboration et la capacité à expliquer clairement des choix techniques
En entreprise, ces acquis sont très utiles même si il faut souvent adapter les modèles théoriques aux contraintes réelles comme les coûts, les délais ou les procédés de fabrication.

Quel a été ton principal défi depuis le début de ton parcours ?
Le principal défi a été de concilier exigences académiques et professionnelles, deux environnements aux logiques différentes : l’un privilégie l’analyse approfondie, l’autre des résultats concrets et rapidement exploitables.
Cette expérience m’a permis de développper ma capacité à prioriser, à gérer ma charge de travail, mais aussi à adapter mon niveau de détail en fonction du contexte.
L’apprentissage le plus marquant a été celui de la synthèse. En entreprise, il est essentiel de communiquer de manière claire, directe et efficace en allant à l’essentiel. Le défi a donc été pour moi d’apprendre à simplifier l’information sans la dénaturer, en trouvant un équilibre entre précision technique et clarté du message.
Quel moment ou quelle expérience t’a le plus marqué jusqu’ici ?
Les expériences les plus marquantes sont celles où j’ai pu suivre un projet de la conception jusqu’aux essais. Il est particulièrement gratifiant de récupérer un prototype que j’ai conçu, puis de l’assembler, le tester et analyser ses performances. Le moment le plus satisfaisant est lorsque le prototype répond aux attentes ou résout le problème initial.
Même lorsque les résultats ne sont pas conformes, l’expérience reste très enrichissante, car elle permet de comprendre les écarts entre la théorie et la réalité afin d’améliorer la conception.
Quel cliché sur les études d’ingénieur voudrait-tu casser ?
Un cliché que je voudrais nuancer est l’idée que les études d’ingénieur sont uniquement théoriques et réservées à des profils très académiques. À l’ITII Alsace, la formation est au contraire très concrète avec des projets directement liés aux réalités de l’industrie.
Un autre cliché concerne l’image de l’ingénieur qui travaillerait seul. En réalité, le travail est très collaboratif et demande d’échanger avec différents services pour répondre à des contraintes variées.
Enfin, on pense parfois que l’ingénieur doit proposer des solutions complexes. Pourtant, une grande partie du travail consiste à concevoir des solutions simples, efficaces et adaptées au besoin du terrain.
Un grand MERCI à Salim d’avoir accepté de nous partager son expérience. Ce parcours illustre les atouts de l’apprentissage en école d’ingénieurs : une formation concrète, en lien direct avec les réalités de l’entreprise, qui prépare progressivement aux exigences du métier.